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Le poème du jour ...

Oyez, au physique comme au moral,
Ne suis qu’une colonie de cellules
De raccroc; et ce sieur que j’intitule
Moi, n’est, dit-on, qu’un polypier fatal!

De mon cœur un tel, à ma chair védique,
Comme de mes orteils à mes cheveux,
Va-et-vient de cellules sans aveu,
Rien de bien solvable et rien d’authentique.

Quand j’organise une descente en Moi,
J’en conviens, je trouve là, attablée,
Une société un peu bien mêlée,
Et que je n’ai point vue à mes octrois.

Une chair bêtement staminifère,
Un cœur illusoirement pistillé,
Sauf certains soirs, sans foi, ni loi, ni clé,
Où c’est précisément tout le contraire.

Allez, c’est bon. Mon fatal polypier
A distingué certaine polypière;
Son monde n’est pas trop mêlé, j’espère….
Deux yeux café, voilà tous ses papiers.

Jules LAFORGUE

Portait de Jules LAFORGUE

Jules Laforgue, né à Montevideo le 16 août 1860 et mort à Paris le 20 août 1887, est un poète du mouvement décadent français. Né dans une famille qui avait émigré en espérant faire fortune, il est le deuxième de onze enfants. À l’âge de dix ans, il est envoyé en France, dans la ville de Tarbes d’où est originaire son père. Jules et son frère aîné y sont confiés à des cousins. Entre 1868 et 1875, il est pensionnaire au lycée de Tarbes. En octobre 1876, il part vivre, avec sa famille rentrée d’Uruguay, à Paris. Sa mère meurt en couches en 1877 alors... [Lire la suite et accéder à l'ensemble de ses oeuvres poétiques]

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