Poème 'Five O’clock' de Émile NELLIGAN dans 'Émile Nelligan et son œuvre - Les Pieds sur les Chenets'

Five O’clock

Émile NELLIGAN
Recueil : "Émile Nelligan et son œuvre - Les Pieds sur les Chenets"

Comme Liszt se dit triste au piano voisin !
………………………………………

Le givre a ciselé de fins vases fantasques,
Bijoux d’orfèvrerie, orgueils de Cellini,
Aux vitres du boudoir dont l’embrouillamini
Désespère nos yeux de ses folles bourrasques.

Comme Haydn est triste au piano voisin !
………………………………………

Ne sors pas ! Voudrais-tu défier les bourrasques,
Battre les trottoirs froids par l’embrouillamini
D’hiver ? Reste. J’aurai tes ors de Cellini,
Tes chers doigts constellés de leurs bagues fantasques.

Comme Mozart est triste au piano voisin !
………………………………………

Le Five o’clock expire en mol ut crescendo.
- Ah ! qu’as-tu ? tes chers cils s’amalgament de perles.
- C’est que je vois mourir le jeune espoir des merles
Sur l’immobilité glaciale des jets d’eau.

…………..sol, la, si, do.
- Gretchen, verse le thé aux tasses de Yeddo

Poème préféré des membres

Aucun membre n'a ajouté ce poème parmi ses favoris.

Commentaires

Aucun commentaire

Rédiger un commentaire

Émile NELLIGAN

Portait de Émile NELLIGAN

Émile Nelligan (24 décembre 1879 à Montréal – 18 novembre 1941 à Montréal) est un poète canadien (québécois). Disciple du symbolisme, il a été profondément influencé par Octave Crémazie, Louis Fréchette, Charles Baudelaire, Paul Verlaine, Arthur Rimbaud, Georges Rodenbach, Maurice Rollinat et Edgar Allan Poe. Parmi les... [Lire la suite]

© 2019 Un Jour Un Poème - Tous droits réservés
UnJourUnPoeme sur Facebook UnJourUnPoeme sur Twitter RSS