Poème
02 - La lumière t'enrobe en sa flamme mortelle...
par Pablo NERUDA
Vingt poèmes d'amour et une chanson désespérée
La lumière t'enrobe en sa flamme mortelle. Et pensive, pâle et dolente, tu t'appuies contre le crépuscule et ses vieilles hélices tournant autour de toi. Muette, mon amie, à cette heure des morts seule en la solitude, emplie du feu vivant, du jour détruit pure héritière. Sur le noir de ta robe une grappe du jour, et de la nuit les immenses racines ont poussé d'un seul coup à partir de ton âme, ce qui se cache en toi s'en retourne au dehors. Un peuple pâle et bleu ainsi s'en alimente et c'est de toi qu'il vient de naître. Ô grandiose et féconde et magnétique esclave de ce cercle alternant le noir et le doré dressée, tente et parfais ta vive création jusqu'à la mort des fleurs. Qu'en elle tout soit triste.
Commentaires (1)
Flèche extravagante ---------- Armes d’une fée méconnue, Ce sont la flèche et l’arc d’assaut ; Survolant la terre et les eaux, Le tir atteint toute chair nue. Sur ses amants, sur leurs rivaux, La magicienne tire à vue ; Elle le fait sans retenue, Comme un faucon prend les oiseaux. De cette pointe adamantine Périssent les âmes mutines ; Et la dame dit « C’est tant mieux ». Surtout, ne te mets pas en tête De te munir d’une arbalète ; Tu vises mal, tu es trop vieux.
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