Poème
À mes enfants
Avant tout, mes enfants, soyez bons : la bonté, C’est le sceptre devant lequel tout genou plie. Travaillez : le bonheur n’est jamais acheté Que par le noble orgueil de la tâche accomplie. Pardonnez : le pardon, c’est la paix ennoblie Par les justes dédains d’une sainte fierté. Elle n’existe plus l’injure qu’on oublie ; Ignoré, le méchant n’a jamais existé. Pardonnez, travaillez, soyez bons ! qui peut dire Ce que vaut quelquefois l’aumône d’un sourire ? Notre âme est un oiseau qui, hardi dans son vol, A besoin d’horizon serein et diaphane : Toute pensée amère, ou perverse, ou profane, Comme un fil ennemi retient son aile au sol. (1894)
Connectez-vous pour laisser un commentaire.