Poème
À toi, Ronsard, à toi
par Charles-Augustin SAINTE-BEUVE
Vie, Poésies et Pensées de Joseph Delorme
À Ronsard POUR UN AMI QUI PUBLIAIT UNE ÉDITION DE CE POËTE. À toi, Ronsard, à toi, qu’un sort injurieux Depuis deux siècles livre aux mépris de l’histoire, J’élève de mes mains l’autel expiatoire Qui te purifiera d’un arrêt odieux. Non que j’espère encore, au trône radieux D’où jadis tu régnais, replacer ta mémoire ; Tu ne peux de si bas remonter à la gloire : Vulcain impunément ne tomba point des cieux. Mais qu’un peu de pitié console enfin tes mânes ; Que, déchiré longtemps par des rires profanes, Ton nom, d’abord fameux, recouvre un peu d’honneur ! Qu’on dise : Il osa trop, mais l’audace était belle ; Il lassa, sans la vaincre, une langue rebelle, Et de moins grands, depuis, eurent plus de bonheur.
Commentaires (1)
Ronsard polychrome (Pays de Poésie 1-6-14) ----------------------------------- Ah, ces mots ronsardiens, de toutes les couleurs ! J’aimerais en orner ma fenêtre et ma porte ; J’aimerais absorber la douceur qu’ils apportent Et qui peut mettre fin à toutes les douleurs. Ronsard, tu nous montras comment parler aux fleurs ; Comment apprivoiser les parfums qui en sortent Et comment les offrir à des muses, de sorte Que sourie leur visage et que sèchent leurs pleurs. Si la vie n’est qu’un rêve, il ne faut qu’on se ronge À trop en supporter la charge à bout de bras, À trop analyser vérités et mensonges ; Aimons plutôt les fleurs. Elles ne durent pas ? Mais vois comme elles vont calmement au trépas, Sans y faire attention, sans trembler, comme en songe.
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