Poème
Améthyste
par Albert SAMAIN
L’ombre noyait les bois. C’était un soir antique. Les dieux puissants, vaincus par le Dieu pathétique Après mille ans d’Olympe avaient quitté la terre, Et la sirynx pleurait dans Tempé solitaire. Sur la mer en émoi, vers l’orient mystique, Une aube se levait. Pleins de souffles étranges Les chênes remuaient des branches prophétiques, Et les grands lys élus versaient leurs blancs calices Aux lacs sanctifiés visités par les Anges. Le ciel était plus doux qu’un col de tourterelle… Rêveuse, en longs cheveux, une nymphe […] frêle Tressait de pâles fleurs autour d’une amulette. Et près d’elle, dans le crépuscule idyllique, Un petit Faune triste, aux yeux de violette, Disait sur un roseau son cœur mélancolique... Et c’était le dernier amour du soir antique...
Commentaires (2)
Ours d'antan ------------ Il parcourait les bois, c'était un ours antique, L'âge le transformait en un rêveur mystique Qui glanait sa pitance en explorant le sol ; Un ours un peu spectral, qu'on eût pris pour un troll. Il suivait les ruisseaux, c'était un ours étrange, Animal biscornu, pas même ressemblant, Errant, désemparé, au petit matin blanc, Un ours bien innocent, qu'on eût pris pour un ange. Et le plus doux plaisir de cet ours un peu frêle Fut d'entendre chanter, un soir, la tourterelle.
Voir https://paysdepoesie.wordpress.com/2015/11/19/ours-dantan/
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