Poème
Archimede abusé pendant que tu t'abuse...
Mespris de la vie et consolation contre la mort
Archimede abusé pendant que tu t’abuse A peindre sur la poudre, & d’un baston d’airain Tracer un cercle rond, l’exercite Romain Surprent, sans y penser, ta chere Syracuse. Homme mal advisé, pendant que tu t’amuse A mille fols pensers, le trespas incertain Meurdre, peste, & fureur, te pendent sur le sein, Et la mort devant Dieu de vanité t’accuse : Tu peus craindre ces maus, non pas t’en acquitter Tu peus t’en esloigner, non pas les eviter Surmontant & domtant la mort par la mort mesme. Pense donc à mourir, quant de necessité La mort te doit ravir, n’estant premedité La trespas de tous maus, est le mal plus extreme.
Commentaires (2)
Sagesse du paléographe --------------------------------- Des mythes d'autrefois, jamais il ne s'abuse : Ce déchiffreur patient parcourt les parchemins Et ne craint d'accomplir un travail de Romain. Sur le coin de sa table, un très long cierge s'use. Le texte mystérieux présente une méduse Éprise d'un sureau ; le sens est incertain. Sont-ce des avatars de petits dieux latins Ou de celtes démons dont la malice fuse ? Le récit se poursuit, hors de nécessité, Semblant n'avoir été que peu prémédité, Entraînant ses lecteurs dans des confins extrêmes. De traduction précise, il ne peut s'acquitter : Mais il s'en sortira par un texte imité Des fables d'autrefois, de celles que l'on aime.
J'aime beaucoup votre poème et sa chute. Pour les autres que j'ai lu (toujours d'après Chassignet), j'étais admiratif de votre dextérité, mais pour celui là, je l'ai oublié, et il m'a ravit. Merci L.
Connectez-vous pour laisser un commentaire.