Poème d’un membre
Attendre le ciel
par ATOSMembre
Attendre tout un ciel. Atteindre tout ce ciel au bout d ' incertain soir abandonné en désespoir voir en nul autre revenir dans un ultime revoir mais soudain de grâce combattre et se dresser. Alors, saisir en guet à prendre sa fidèle happe de misère et arracher mille vagues de chape de la bouche bêlante du chantre. Attendre - Attendre pour entendre. Entendre sa pluie – son ventre – et cet orage Attendre du ciel – boire à sa coupe saillante la chair montante et bouillonnante de toute sa force et de sa rage. Lamper au goulot froid du flot hurlant des lèvres brumes et brûlantes de Baal Atteindre tout un ciel. Trancher d'un coup sec les lacets du monde au corsage noir des jours et plonger l'oeil de ses mains dans l'échancrure troublante de l'écume si blanche dessous ses charmes et qui offre son cul à tous les sables. Jeter enfin le voile au pal du temps Et laisser la sueur de ses lames tomber dans les langes du diable. Risquer sa peau sur la hune la plus haute des dunes en brisant sa dérive sur un vaisseau sans larmes. Passer – battant - triomphant - la tranchée du levant Essuyer enfin son front aux cotons blancs de l'azur sang. Alors souffler sur des braises pleines de l'âme et éteindre le silence jusqu'à la nuit même. Et attendre Attendre tout un jour et mille tours sans doute Pour enfin à travers ce mirage de cendres entendre, entendre, galoper la pluie dans l'inverse des jours. Et goûter l'espace d'un instant juste l'écho d'un ciel qui porte si haut tout ce qui reste et brûle en nous. Texte donné en lecture publique- salon du livre d'art et du patrimoine - Barbâtre- Ile de Noirmoutier - 2014 Extrait du recueil "Ynys Avallach", Les éditions du Littéraire - La bibliothèque de Babel juin 2014 - ISBN-13 : 978-2919318223
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