Poème
Auprès de ce beau teint, le lys en noir se change...
par Théodore Agrippa d'AUBIGNÉ
Auprès de ce beau teint, le lys en noir se change, Le lait est basané auprès de ce beau teint, Du cygne la blancheur auprès de vous s'éteint Et celle du papier où est votre louange. Le sucre est blanc, et lorsqu'en la bouche on le range Le goût plait, comme fait le lustre qui le peint. Plus blanc est l'arsenic, mais c'est un lustre feint, Car c'est mort, c'est poison à celui qui le mange. Votre blanc en plaisir teint ma rouge douleur, Soyez douce du goût, comme belle en couleur, Que mon espoir ne soit démenti par l'épreuve, Votre blanc ne soit point d'aconite noirci, Car ce sera ma mort, belle, si je vous trouve Aussi blanche que neige, et froide tout ainsi.
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Épanouissement ---------- Quand un canard bizarre en beau cygne se change, Il doit, à grands efforts, assumer son destin ; Porteur d’un feu vivant qui jamais ne s’éteint, Son coeur ne craindra rien, malgré ce sort étrange. Il est devenu grand sans devenir un ange, Cette métamorphose, Andersen la dépeint ; Il n’abandonne pas les canards, ses copains, Lui qui bien volontiers les mêmes poissons mange. Ayant la même joie et la même douleur, Ils n’ont aucun besoin d’avoir même couleur ; Nullement l’un d’entre eux les autres ne réprouve. Même avec le corbeau qui peut sembler noirci, Un vrai terrain d’entente au fil des jours ils trouvent ; La diversité règne, et c’est fort bien ainsi.
Agréable est mon apparence, C’est comme un habit de danseur ; Je ne suis pas un grand penseur Mais bon, j’échappe à l’ignorance. De tout travail je me dispense, Tu peux donc m’appeler glandeur ; Ça n’ôte rien à ma grandeur, Qui mes petits défauts compense. Je suis un bel oiseau d’antan Mais je n’atteindrai pas cent ans ; Mes vieux jours sont des jours précaires. J’attends le verdict sans frémir, Car je suis prêt à m’endormir Sous une dalle de calcaire.
titre Bel oiseau noir ----------
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