Poème d’un membre
Ballade des étranges saisons
par Orange84Membre
Il fait un froid à damner un canard Et le grand lac semble une patinoire On ne voit pas traîner quelque fêtard Quand déjà vient comme une nuit très noire Après un jour aux senteurs de déboire. Monsieur printemps apporte bien des maux Pour chaque humain et tous les animaux ; On est pourtant dans le temps des vendanges Mais maître hiver amène ses troupeaux Quand les saisons ont des airs bien étranges Un doux soleil brille le soir très tard Et le beau temps se paye des jours de gloire On laisse alors le manteau le foulard Dans ce décembre auquel on ne peut croire Et qui nous fait bénir sa trajectoire ; Les arbres ont encore leurs rameaux Et dans les prés on voit d’heureux chevaux La nature a de bien curieux mélanges ; Les anciens jours prennent des tons nouveaux Quand les saisons ont des airs bien étranges. Monsieur l’amour devient comme un têtard En mélangeant très souvent chaque histoire En plein hiver, le voilà sans retard Mais au printemps, les pleurs chantent victoire Bouleversant un bonheur illusoire ; Ses traits brillants qui paraissaient si beaux Se sont éteint comme autant de flambeaux ; Bien des passions ont de curieux échanges ; Les passions font de capricieux cadeaux Quand les saisons ont des airs bien étranges. Princes, courant les bijoux, les joyaux, Tout vêtus d’or, rarement d’oripeaux, Voyez ces jours tels des démons ou des anges, Brillants de feux ou couverts de traîneaux Quand les saisons ont des airs bien étranges.
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