Poème
Barque échouée
par Anatole LE BRAZ
Barque échouée au bord des rivages bretons, J'ai désappris l'essor de mes jeunes sillages Et laissé, sur mes flancs, se nouer en festons Vos scalps souillés d'écume, ô goémons des plages. Il ne m'importe plus si d'autres les refont, Mes croisières d'antan, mes belles odyssées ; Promise au lent trépas des carènes blessées, J'abandonne le large à celles qui s'en vont. Ni l'aile des courlis que le matin soulève, Ni l'émoi de la mer sous un vierge soleil Ne peuvent, dans mon être à la tombe pareil, Faire sourdre un regret ou tressaillir un rêve. Je vois partir mes soeurs à la pointe du jour, Je les vois revenir aux premières étoiles, Sans envier le chant que gonflent dans leurs toiles La fièvre du départ et l'orgueil du retour.
Commentaires (1)
Un sage sous son toit, un arbre dans la plaine, Aucun des deux ne va parler à perdre haleine, Tous deux se satisfont de la clarté du jour. Or, quand, le soir venu, cette clarté décline, Quand, sous le vent d'hiver, le vieil arbre s'incline, Il dit: "La vie n'est pas avec moi pour toujours".
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