Poème
Cailloux des souvenirs
Cailloux des souvenirs vous faites trop de bruit En vous entrechoquant. J’en ai la tête lourde, Le cœur fou, l’âme folle et quand tombe la nuit Et que je vous entends, je voudrais être sourde. Le silence viendrait. Les fleurs me parleraient De leur vie incessante et de leur pharmacie, Mon savoir serait autre avec d’autres secrets Que celui qui m’éveille et dont je me soucie. Je passerais mon temps à ne pas me revoir Et je m’écarterais des eaux de mon miroir Où l’oiseau voyageur s’éprenait des colombes. Sourde et seule avec moi dans mon lit de pâleur Ne me parviendrait plus le chant des crève-cœur Ni le bruit des cailloux qui construisent ma tombe.
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Horloge décennale ------------------------ Aragnes du cadran, vous tissez sans nul bruit, Vous marquez tour à tour une décennie lourde Dont vous signez la fin, de votre énergie sourde, Puis ce sera le soir, et surgira la nuit. Le silence contient le flot du temps qui fuit, Flot qu'on ne peut capter pour emplir une gourde ; Une aragne en tissant ne commet point de bourdes, Témoin l'éclat du fil qui au clair matin luit. En rêve, quelquefois, se montre la pâleur D'un visage perdu, qui fut cher à mon coeur ; Un regard de jadis, que ne rend point la tombe. Ces fragments du passé, que l'on ne peut revoir, Vainement je les cherche au profond du miroir : Autant chercher dans l'air la trace des colombes.
Voir https://nouvelleheraldie.blogspot.fr/2017/03/horloge-decennale.html
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