Poème
Centaures et lapithes
La foule nuptiale au festin s'est ruée, Centaures et guerriers ivres, hardis et beaux ; Et la chair héroïque, au reflet des flambeaux, Se mêle au poil ardent des fils de la Nuée. Rires, tumulte... Un cri !... L'Epouse polluée Que presse un noir poitrail, sous la pourpre en lambeaux Se débat, et l'airain sonne au choc des sabots Et la table s'écroule à travers la huée. Alors celui pour qui le plus grand est un nain, Se lève. Sur son crâne, un mufle léonin Se fronce, hérissé de crins d'or. C'est Hercule. Et d'un bout de la salle immense à l'autre bout, Dompté par l'oeil terrible où la colère bout, Le troupeau monstrueux en renâclant recule.
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Déclin d'un lutteur ------------------ Hercule a pour abri la taverne embuée ; Quant à ses ennemis, ils dorment au tombeau. Le héros, s'abreuvant sous un maigre flambeau, Se souvient de la terre à leur mort remuée. La serveuse au silence est bien habituée, Que rompent seulement les longs cris d'un corbeau Dévorant au jardin des viandes en lambeaux Sous le ciel que traverse une sombre nuée. Sa jeunesse qui fut un peu folle et ardente Aujourd'hui laisse place à la vie trop prudente D'un vieillard tout pensif, marmottant des mots pieux. Il dort le jour et fait un songe assez tragique Qui le montre allongé au bûcher fatidique ; Mais il n'est pas pressé de rejoindre ce lieu.
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