Poème
Chat
par Paul ÉLUARD
Les Animaux et leurs hommes, les hommes et leurs animaux
Les Animaux et leurs hommes Pour ne poser qu’un doigt dessus Le chat est bien trop grosse bête. Sa queue rejoint sa tête, Il tourne dans ce cercle Et se répond à la caresse. Mais, la nuit l’homme voit ses yeux dont la pâleur est le seul don. Ils sont trop gros pour qu’il les cache Et trop lourds pour le vent perdu du rêve. Quand le chat danse C’est pour isoler sa prison Et quand il pense C’est jusqu’aux murs de ses yeux.
Commentaires (3)
Chat de pourpre --------------- Ce chat, quel animal discret ! Sa solitude, il la préfère, Il aime surtout ne rien faire, Jamais un jeu ne le distrait. Est-il détenteur de secrets ? Est-il le gardien d’un mystère ? Comment ferai-je pour lui plaire, Je l’ignore, à mon grand regret. Mais sur lui je veux bien écrire, Bien que ne sachant trop que dire ; Il me réchauffe dans le froid. Félin songeur, sa vie fut belle, Autant que je me le rappelle, J’aimerais être un chat, je crois.
Super ce poème
Sagesse du félin songeur ------------------------ Il sait du Cosmos les décrets, Il sait les lois de l’atmosphère ; Il sait d’un rien se satisfaire, Ce félin modeste et discret. Celle qu’il aimait en secret, Où est-elle ? C’est un mystère ; Il reste donc célibataire, Cette vie n’est pas sans attraits. Démêlant d’un rêve les spires, Il prend des notes, ça l’inspire ; Il en déduit je ne sais quoi. Survient une dryade frêle Qui, loin de lui chercher querelle, Le conduit au fond des grands bois.
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