Poème d’un membre
Clichés d'automne
par dutaillyphilippeMembre
L'aube, comme des larmes à l’été qui se meurt, étale sa rosée comme ferait un semeur qui couvrirait de pleurs cette forêt atone en annonçant, ému, la venue de l'automne. Les bois deviennent chauves et leurs beaux feuillages s'envolent dans les airs, en un dernier voyage, où ils vont, tourbillonnant, au gré des vents portants vers la mort et l'humus qui fera le printemps. Les feuilles ont les teintes du primitivisme, elles ont les couleurs absolues du fauvisme, et cette pureté et ces formes signalent que le peintre plagie cette saison géniale. L'automne ressemble à un vieux château fort que le temps a rongé par des siècles d'efforts mais les lierres feuillus, serpentant ses parois, tressent une couronne à l’été qui fut roi. 19 12 1989
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