Poème
Combien de fois mes vers ont-ils doré
par Etienne JODELLE
Combien de fois mes vers ont-ils doré Ces cheveux noirs dignes d'une Meduse ? Combien de fois ce teint noir qui m'amuse, Ay-je de lis et roses coloré ? Combien ce front de rides labouré Ay-je applani ? et quel a fait ma Muse Ce gros sourcil, où folle elle s'abuse, Ayant sur luy l'arc d'amour figuré? Quel ay-je fait son oeil se renfonçant ? Quel ay-je fait son grand nez rougissant ? Quelle sa bouche, et ses noires dents quelles ? Quel ay-je fait le reste de ce corps ? Qui, me sentant endurer mille morts, Vivoit heureux de mes peines mortelles.
Commentaires (2)
Hommage à Étienne Jodelle * * * * * * Si ce poète adore une méduse, Que ne peut-il, en ce monde, adorer ? Combien de corps finement colorés, Combien d'esprits avec le sien s'amusent ? * * * Mais s'il n'aimait au monde qu'une muse, Qu'un seul terroir il voulût labourer, Pourquoi vient-il ici nous figurer Des mythes dont personne ne s'abuse ? * * * Plutôt est-il amoureux de son texte, Et la méduse ici n'est qu'un prétexte; À l'occasion, l'auteur le reconnaît. * * * Ça ne fait rien, ils en veulent encore, Gourmands lecteurs qui tant et plus dévorent Ces moqueries en forme de sonnet.
Cette réponse est fort bien tournée.
Connectez-vous pour laisser un commentaire.