Poème
Comme le vent fantastique
par Jacques PREVEL
Comme le vent fantastique Le vent qui prend sa forme aux herbes balayées Ta voix résonne et me confond Et sa clameur proclame tout ce que j'ai connu La frénésie, la joie et le silence et la douleur Et ma vie crucifiée éparse dans le temps Distribuée par tes mains à nos êtres effacés Et racontée par mon visage et racontée par ton visage. Et je me souviens des regrets Ces monstres ailés des grands départs Obscurcissant le ciel et nous livrant la nuit Et dans leurs serres nous emportant vers un pays Oû nous étions des hommes Debout et sans visage. 30 août 1943
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