Poème
Cors de chasse
Notre histoire est noble et tragique Comme le masque d'un tyran Nul drame hasardeux ou magique Aucun détail indifférent Ne rend notre amour pathétique Et Thomas de Quincey buvant L'opium poison doux et chaste À sa pauvre Anne allait rêvant Passons passons puisque tout passe Je me retournerai souvent Les souvenirs sont cors de chasse Dont meurt le bruit parmi le vent
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Corbeau pensant ------------------ Un corbeau, débordant de puissance magique, Observe la rivière à l'éternel courant, Arborant, tout le jour, un air indifférent, Un masque qu'on ne sent ni joyeux, ni tragique. Jamais, quand vient le soir, on ne le voit buvant En taverne, au comptoir ni même dans la salle : Mais il goûte un peu d'eau qui coule, transversale, Par le travers d'un pré ; il l'absorbe, en rêvant. Mais nous, chers compagnons, sommes-nous des corneilles ? Partageons-nous plutôt le nectar de la treille !
Grandeur d’un volatile ------------ Du seigneur emplumé, subtile est la nature, Un rouge anthroposaure orne son étendard ; Sur son vaste domaine il jette ses regards, Où, depuis fort longtemps, peu d’intrus s’aventurent. Il aime saluer les boeufs dans leur pâture, Il leur récite alors des sonnets de Ronsard Puis, dans la grande lande où flotte le brouillard, Il marche lentement, jusqu’à la nuit obscure. Des oiselles jadis ont fait battre son coeur Et versé dans son âme une douce liqueur ; Mais il s’est éloigné de ces bonheurs extrêmes. Voici venu le temps des modestes plaisirs, Des sobres agréments et des humbles loisirs Peut-être pas de quoi en faire des poèmes.
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