Poème
Courtisans, qui passez vos jours dans les délices...
Œuvres poétiques - Première partie
Courtisans, qui passez vos jours dans les délices, Qui n'éloignez jamais la demeure des rois, Qui ne savez que c'est de la rigueur des lois, Vous seuls à qui le Ciel a caché ses malices. Si vous trouvez mauvais qu'au fort de mes supplices, Les soupirs et les pleurs m'échappent quelquefois, Parlez à ces rochers, venez dedans ces bois, Qui de mon désespoir vont être les complices. Vous verrez que mes maux sont sans comparaison, Et que j'invoque en vain le temps et la raison Aux tourments infinis que le destin m'ordonne; Je sens de tous côtés mon esprit assailli; Pourquoi veux-je espérer aussi qu'on me pardonne? On ne pardonne point à qui n'a point failli.
Commentaires (1)
Jumarts mutants -------------------- C’est le jumart-canard, sa chair est un délice, Un dîner de marquis, un déjeuner de roi, Mais il est protégé par la rigueur des lois, Pour narguer les chasseurs, il a de la malice. C’est le jumart-renard, il boit dans un calice Dont il fait bénir l’eau par Merlin, quelquefois, Puis il fait retentir son cor au fond des bois, Les deux jumarts mutants sont de joyeux complices. Ces nobles animaux sont sans comparaison Avec le jumart noir qu’on voit près des maisons, Qui fait docilement tout ce qu’on lui ordonne. Or, si par l’un d’entre eux vous étiez assailli, Essayez ce moyen, qui jamais n’a failli, D’invoquer trois cents fois le Bouddha qui pardonne.
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