Poème d’un membre
De mer en terre
par ATOSMembre
De mer à terre d'outre- soi en d'autre mer. De nos besaces mises en terre Contre ces mers et devant soi. De toits en d'autres terres Au delà des pôles vers d'autres sois. De nos partances en délivrance A toutes nos malles en souffrance De nos mains mises en traîne à travers les mailles du ciel. A la poursuite de nos chaînes dans les couloirs de notre temps insolitude tremblante et rugissante projetée par le ressac de nos pensées contre les murs de nos abris de sable. Possibles infinis lancés aux gueules hurlantes de nos faims, mues sanglantes que se délient de nous et sur lesquelles s'écrit ce qui était alors en tout. Gorge des écoutes Dérives d'iris Cendres et sirènes Dans la course de nos veines sous le torse lourd de l'orage. Embarquement sur tout connu, retenu, attendu. espéré, redouté, approché, refusé, rejeté, recraché Mais à jamais ancré au plus profond de nous. Port d'arrache des espaces Plaine ouverte mise en approche offerte et découverte Défonce de toutes nos routes Sous les averses du grand fleuve. De mer à terre d'outre- soi en d'autre mer. Dans chaque autre reflété Tant de rivages imaginés. Au môle des accostés songer encore se figurer. Des grands docks des lestés, Tenter toujours d'échapper. Face à la mer et devant ciel, A toute besace son épaule, A tout rivage sa jetée. A tout visage, son voyage. Un chemin de mer borde la terre et c'est le ciel qui se déroule en toi. De toutes ces terres mises en mer viendront mille et un autres toits navigant sur la grande toile du ciel Et cela, vois tu, où que tu sois.
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