Poème
De quel soleil, Diane, empruntes-tu tes traits
par Etienne JODELLE
De quel soleil, Diane, empruntes-tu tes traits, La flamme, la clarté de ta face divine ? Le haut Amour, grand feu du monde où il domine, Luit sur toi, puis sur nous luire ainsi tu te fais. Pour toi les beaux pensers, les paroles, les faits Il crée en nous par toi, ni jamais trop voisine Ne voile son beau feu, qui sans fin enlumine Nos coeurs, faisant passer par tes yeux ses beaux rais. Sans cesse il te fait donc autour de lui tourner, Pour oblique te luire, et t'armer et t'orner, Changeant ses rais en traits, pour meurtrir ce qui t'aime : Tu fais prendre sans prendre en toi son âpre ardeur Avec l'ardeur aussi j'en prends l'âpre froideur, Car l'une vient de lui, l'autre vient de toi-même.
Commentaires (3)
Je relis tous mes vers. Ils me viennent de toi. Ces trois ans d'illusion , ce n'est pont là le pire... Mais avant ce temps-là, j'étais un triste sire N'ayant jamais reçu leçons d'amour courtois. Je relis tous mes vers. Je ne sais si c'est moi Qui ai construit ce flot de texte qui soupire... Est-ce moi, cet auteur qui brûle et qui transpire Comme avaient transpiré les bardes d'autrefois ? Enivré de sonnets dans cette vaste plaine Où j'attends de mon train la silencieuse haleine, De ce duo de vers, toujours inassouvi, Je n'ai point aujourd'hui ressenti de fatigue En déposant ici ma parole prodigue Que déchiffre à présent un lecteur assoupi.
L'écrit le plus charmant n'est pas toujours lisible, L'essentiel a pour lot de rester invisible. Un filigrane est là, personne ne l'a lu_________Cochonfucius sur la toile.
http://paysdepoesie.wordpress.com/2013/07/12/un-filigrane/
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