Poème d’un membre
D'hiver à juin
par UlthMembre
D'hiver à juin, outrepassées les manches, Folles élimées de notre bêtise éclaircie, A ce jeu là, envahissant mon esprit, la coupe franche, De nos fourrures d'autrefois, j'abandonnais Mes loques, mouroirs à l'inaccessible revanche De tes yeux distincts dont les attributs m'effraient. Des vieilles, noires et frêles réminescences Et du tombeau travesti de nos sourires exposés J'errais, empêtré pataud et pulvérisé Éconduit, nu, dans la folie et l'essence De nos corps habités, manque là ta sève Virevoltant à mes yeux, à mon grand confort. A l'orée de nos graciles baisers A l'aune déployée de tes coquins déplacements Tu fus, calme et sereine, et relevée lasse Par de grands amants sans peine, proches Et du fruit, phrasé familier qui nous liait Tu n'entendis qu'un murmure, n'est plus qu'une croche. Feu le Prince, naguère si laid, propulsa ses griffes, Mordillant là tes grandes enjambées, comme bien prédit Et l'hyppogryphe s'attriste, nain dans l'océan livide De voir à ton cou me suicider, poète à la lyre Troubadour sans espoir, à la chandelle qui se meure Comme j'aurais voulu m'éloigner avec toi.
Connectez-vous pour laisser un commentaire.