Poème d’un membre
Éclaircie
par ATOSMembre
J'entreprends ma vie comme comme on abat un chêne qui depuis deux mille ans se dresse seul entre le ciel et la terre. J'abats cet arbre parce qu'il est de mon bois. Je suis maîtresse de la foudre en reprenant au feu l'essence de sa chair . Par la hâche, par la cognée et par le faire de cette lance, je tranche - Tout me revient. Le goût unique de libérer ses racines, de ne plus être l'ancêtre stupide marqué au fer par le maître des bois. Par l'écorce, l'aubier, la pulpe et la sève. Par le dédale de mes branches et par le flambeau de mes rameaux. Ma vie ne tombe pas, je la prends et l'entreprends et ne l'achève pas. Je frappe, je sculpte et débite en lattes en sciure et en mille planches, l'arbre que j'étais hier pour construire à présent mon vaisseau . J'abats un chêne en pliant mon corps de roseau et je porte mes mains en chair comme on hisse les voiles de son unique radeau.
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