Poème
Écoutez-moi si vous m'aimez
Écoutez-moi si vous m'aimez : Je suis sauvé lorsque je chante ; Et toi, surtout, que j'ai formé De ma plus douce voix vivante : Tes beaux cheveux bien éclairés Comme le feu dans la poussière Te font pareil aux oliviers, Tes mains connaissent un mystère Dont il reste de l'or aux doigts... Si tu es dieu, révèle-toi. - Garde ton sang, bouche mordue, J'y vois la trace de ton coeur : Sur la voie que tu as perdue Je t'ai suivi comme un chasseur. Es-tu cette étoile sauvage ? Je te salue, ô visiteur, Dans la lumière et la douleur, Visage doux comme une plage Usée, habituée aux vagues... Tu es l'amour aux mains profondes : Partageons ce pain et ce sel... - Salut, dans le milieu du monde, Salut à mon ami mortel. Puis-je mourir, quelle folie ! N'entends-tu pas ma poésie Et ce coeur battre, ô bouche d'or ? Je suis le berger de ces ombres Et le principe de ces choses Ayant fait oeuvre de mon corps Je suis vainqueur, il se repose, Et je retourne à mes trésors. - Homme enfermé, l'orgueil t'égare Libre et vivant, - devant un mur. Accorde-moi ce corps avare, Ne sois, enfin, qu'un esprit pur. Amour, ce serait par faiblesse... - Mais, par faiblesse, sois heureux. Laisse ces ruses sans noblesse J'ai vu la flamme dans tes yeux... Alors, il me prend par la tête, Porte la nuit dans mes fénêtres, Porte sur moi son souffle ardent, Par les genoux brise ma force Et, comme un cheval qui s'emporte, Jette ses cheveux dans le vent... - Je suis seul. Je serre les dents. Plus tard, un soir comme les autres, La poésie monte et se pose, L'eau merveilleuse monte en moi, Le dieu se pose dans ma chambre, Tout est changé, c'est que je chante : Amour, entendez-vous ma voix ? Mais le Démon n'écoute pas, Il pleure dans ses mains profondes... - Les poètes sont seuls au monde.
Commentaires (2)
Je me souviens de Cunégonde qui avait délaissé ce monde dans lequel la luxure abonde et fut dans une chambre ronde * pour recueillant les bonnes ondes avoir une pensée féconde ainsi qu'une vertu profonde et au mal ne lâcher la bonde * mais le désir en elle gronde ce qui jadis lui fut immonde emplit son esprit et l'inonde * dommage qu'ainsi se morfonde la fille autrefois vagabonde beauté à nulle autre seconde
Je vous aime tous!
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