Poème
Écrit sur un exemplaire de la « Divina Commedia »
par Victor HUGO
Un soir, dans le chemin je vis passer un homme Vêtu d’un grand manteau comme un consul de Rome, Et qui me semblait noir sur la clarté des cieux. Ce passant s’arrêta, fixant sur moi ses yeux Brillants, et si profonds, qu’ils en étaient sauvages, Et me dit : —J’ai d’abord été, dans les vieux âges, Une haute montagne emplissant l’horizon ; Puis, âme encore aveugle et brisant ma prison, Je montai d’un degré dans l’échelle des êtres, Je fus un chêne, et j’eus des autels et des prêtres, Et je jetai des bruits étranges dans les airs ; Puis je fus un lion rêvant dans les déserts, Parlant à la nuit sombre avec sa voix grondante ; Maintenant, je suis homme, et je m’appelle Dante.- Juillet 1843.
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Rêve de renard ------------------- Le renard au jardin rêve qu'il est un homme Et qu'il tire une loi de la chute des pommes ; Une loi qui s'applique à tout astre des cieux, Qu'il soit, ou ne soit pas, placé devant ses yeux. Puis il rêve qu'il est un éléphant sauvage Courant le guilledou, malgré le poids de l'âge ; Cela peut l'entraîner plus loin que l'horizon. Pour son vaste harem, il bâtit des prisons, Chose dont il éprouve un transcendant mal-être ; Il s'en va requérir l'assistance d'un prêtre, Mais devient hirondelle, et traversant les airs, Retrouve le chemin de ce jardin désert, Cesse enfin d'enchaîner les actions trépidantes Et redevient renard (avec la queue pendante).
Voir https://paysdepoesie.wordpress.com/2014/01/15/reve-de-renard/
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