Poème
En vain la peur d'un joug tendre et fatal
par Anna de NOAILLES
En vain la peur d'un joug tendre et fatal Vient m'adjurer d'être de toi guérie: Un corps, aimé est comme un lieu natal, Un vif amour est comme une patrie ! Je ne veux plus occuper ma raison À repousser ta permanente image. J'attends ! — Parfois la plus chaude saison Boit la fraîcheur du survenant orage. — Mais quand ma vie au souhait insistant Est par ta voix jusqu'aux veines mordue, J'arrache un cri à mon cœur haletant, Comme un poignard dont la lame est tordue...
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