Poème d’un membre
En vieille toile usée...
par JacquesClermontMembre
L’été en rameau roulée sous la dent la lèvre bavant l’ortie j’allais dans des ravages d’oliviers clairs ma chemise pleine d’herbe surprendre les songes aux têtes du mil et la peau des sables sous des dérives d’ormes l’ouvrage des averses des vallées qui tardent et toujours à mes reins l’entaille des étés leurs bois de soif leurs soies de fleurs et l’espace liquide des oiseaux au rideau des guêpes guettent dans l’odeur noisette que répand la pluie aux replis des draps des femmes volets clos des chats sur leur peau épuisent leurs rêves somatotropes ah! nos baisers aux divans encombrés dans des matins de mouches et la lumière vaste des fenêtres les yeux semblables à de grandes armoires jeune fille assise comme une île depuis à brunante loup au puits de ma lampe s’effeuillent les saisons et la foulée des bêtes vers la source nos voix se déchirent en vieille toile usée
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