Poème d’un membre
Face à face
par ATOSMembre
Approche toi un peu, Maintenant, oui... c'est le moment! J'ai, à vrai dire, à présent tout mon temps... Explique moi ce qui a pu prendre racine dans ton coeur... Pourquoi leur as tu dit qu'ils étaient mortels? Pourquoi leur avoir laissé croire Que leurs jours étaient comptés? Pourquoi les laisses tu humainement hurler à la mort? Pourquoi avoir chargé leur poches de si lourds mensonges, Alors que tu les as nommés pèlerins de Vérité? De leur éveil, ils ne reconnaissent rien. De leur fin, ils ne peuvent rien deviner. Ils ne savant que le Vivre. Comment pourraient ils saisir le Néant? Je sais la lave mais je ne suis pas volcan. je sais la tempête mais ne suis pas le vent. Je sais la cendre mais ne suis pas le feu... Pourquoi ne leur as tu pas appris l'immortelle conscience? Les crimes sont plus faciles à perpétrer lorsqu'on les imagine fugaces. Les cris sont plus aisément étouffés Lorsqu'on les pense évanescents. C'est ainsi que naissent les enfers. Coincés dans l'espace que tu leur a désigné Ils se livrent aux pires compromis, Aux basses inconstances, A toutes les négligences, A d'effroyables douleurs. En état d'Éternité, ils n'auraient pas d'autre choix Que de vivre Autrement. Ils refuseraient tout ce qu'il y a de plus vil De plus injuste, de plus bas. Ils s'imposeraient l'infiniment grand. Il refuseraient cet enfer si ils savaient leur Éternité. Ils se hâtent, se servent, prennent, et pillent Tel une soldatesque partant livrer son dernier combat. «Nous serons morts demain, Vivons donc ces heures comme les dernières...» Nous sommes vivants, ne t'en déplaise! Nous sommes vivants et ne savons que le Vivre. Reste encore un peu dans cet Éden, Et dis moi comme ce méchant projet a pu germer Si facilement dans cette terre de chimères? A ton jeu, le péché est à coup sûr bien mortel. Ainsi je vais suivre ma nature et Et vivrai à présent en toute éternité, Ne t'en déplaise, tu m'as fait à ton image Je suis donc un dieu, bien vivant. Explique moi un peu Ce soir j'ai enfin... tout mon temps.
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