Poème d’un membre
Féal du sublime art
par leutchaMembre
On t’a parlé du poème aux mots croustillants aux images haut en couleur et qui envoûtent le cœur aux idées arrimées à la sagesse fertiles en intelligence et en beauté où ne siège aucun aiguillon à l’esthétique aiguillonnant le foyer des sens à la tonalité des grands maux de l’humanité le poème couronne de tous les poèmes le féal du sublime art Et tu rêves engendrer ce fils idéal et tu passes tes journées loin des fêtes et des banquets et tes nuits sans leur offrir une seule minute de sommeil et ta vie sans boire les délices aux mamelles pendu des monts et des vallées de notre destinée et le dard de la célébrité ronge ton cœur comme un invisible carcinome Jour et nuit tu écris le quotidien du destin un cocorico qui revient en mornes échos et mille fois répétés par le chant de tes mots et courbé aux bras des années tu côtoies l’abîme fatal et aux galops des jours tu mets le feu aux doux festins de ta pauvre étoile et après moult nuits et moult hivernages de pénibles efforts tu te rends compte le cœur rongé par le démon du fiel que tes mots sont des tourniquets que tu dores et polis assaisonnes et maquilles tournes et retournes autour d’un même bouquet de vies que d’autres lyres ici ont chantées Et ton cœur est enchaîné par ce rêve hautain et tu meurs pour un idéal que l’Idéal tient prisonnier dans son rets éternel
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