Poème d’un membre
Hiroshima
par guillaumePrevelMembre
Ma joie et mon malheur Sont restés tout entier dans son souvenir Était-ce pour elle, un beau jour pour mourir? La canicule écrasait Hiroshima de sa torpeur Les cigales chantaient très fort Quand les oiseaux de métal Lâchèrent le fruit maudit et fatal De leurs entrailles qui sema partout la mort Pas même le temps de ressentir de l’effroi Un éclair blanc et aveuglant, un souffle puissant et brûlant Et la ville s’embrasa sous ce vent terrifiant Qui arracha arbres et maisons de papier et de bois Puis, cris et silence se mêlèrent Dans les couleurs rouges du brasier Dont la beauté inquiétante nous avait pétrifié Avant que des ombres aux mains fantômes ne sortent de cet enfer Abruties de douleur avant de s’écrouler Et mourir sous les yeux d’autres survivants Aux visages brûlés et aux airs suppliants La pluie lourde et radioactive finissait de tomber Tandis que je tenais dans ma main Les lambeaux de chair de la femme que j’aimais Et qui doucement s’abandonnait Dans mes bras, à la mort sur le bord du chemin Ma joie et mon malheur Sont restés tout entier dans son souvenir Était-ce pour elle, un beau jour pour mourir? Dans cette journée écrasée par la chaleur Mon cœur et mon âme sont restées à jamais là-bas Les cigales chantaient très fort L’air du soir sentait la mort Le jour où fut détruit mon amour et Hiroshima 6 août 2022
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