Poème d’un membre
Il pleut à verse…
par lecathareMembre
Il pleut à verse. Le vent me cerne de partout. J'entrevois au travers D'un rideau de pluie blanche Un simulacre de mort Étreindre une jeune fille A peine pubère, Facile à briser. Infortunée parnassius appollo ! Le fantôme s'avance vers moi. Je le vois escalader Des falaises abruptes, Descendre des collines, Emprunter des chemins boueux, Tortueux. Faire, Ou faire semblant De faire l’école buissonnière. Me laisser le temps de cueillir Les plus belles fleurs, Celles des champs. De voir le bouton de la rose croître Dans le noir Jusqu'au lever du jour, Après avoir vaincu la nuit. Et le jasmin blanc Aux fleurs odoriférantes, D'où s’exhale un parfum, Que les vents eux-mêmes ne pourront ternir. Je lis pour moi seul Le ressac de ces mots sur le banc, Devant la rivière, Embrunie par l'épaisseur du temps, Dont j'accepte désormais Qu'elle recouvre d'opacité insondable Tout ce dont je voudrais me souvenir. Je ne parle à personne, Qui ne me parle plus. Je me retourne dans ma solitude. Je persiste à écrire Juste quelques mots Avant de partir, Prenant désormais tout mon temps, Ayant toute la vie devant moi Qui s'éteindra, Selon les occurrences, Consumée ou soufflée, Comme bougie plantée dans le sable.
Commentaires (2)
"Je lis pour moi seul Le ressac de ces mots sur le banc, Devant la rivière, Embrunie par l’épaisseur du temps," Vraiment très beau.
Merci ATOS et Amitiés...
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