Poème
J'allais par des chemins perfides
par Paul VERLAINE
J'allais par des chemins perfides, Douloureusement incertain. Vos chères mains furent mes guides. Si pâle à l'horizon lointain Luisait un faible espoir d'aurore ; Votre regard fut le matin. Nul bruit, sinon son pas sonore, N'encourageait le voyageur. Votre voix me dit : " Marche encore ! " Mon coeur craintif, mon sombre coeur Pleurait, seul, sur la triste voie ; L'amour, délicieux vainqueur, Nous a réunis dans la joie.
Commentaires (1)
La boisson perfide Me rend incertain ; Mais la rue me guide. Mon logis lointain M'attend à l'aurore, Ou dans le matin. Par des chants sonores, D'autres voyageurs Me moquent encore. Or, mon sobre coeur S'attache à la voie ; Il se veut vainqueur Des perfides joies.
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