Poème d’un membre
J'ai touché cet abîme des profondeurs
par guillaumePrevelMembre
J'ai touché cet abîme des profondeurs Où certains ont élu éternellement demeure Cet endroit où l'intelligence se consume Et où les corps se décomposent Dans le calme et le silence où reposent Les portraits anciens derrière des fleurs séchées où l'encens fume Les dalles de marbres froides brillent Sous la pluie qui tombe et habillent Froidement le souvenir des défunts oubliés Dans la nuit mystérieuse des songes Où les esprits égarés plongent Avec leurs regards embués Parfois mes larmes glacées comme la pierre Arrose la terre de l'hivernal cimetière Où l'été n'est plus une saison Où le printemps ne dure qu'un instant Dans l'automne figé des esprits et des revenants Où les suicidaires perdent leur ultime raison On accède au lieu du repos par une longue allée bordée de cyprès brunis Qui murmurent doucement dans le vent: "Ci-gît la vie" Étrange royaume secret et silencieux Où mon âme a cependant élu demeure Depuis que j'ai perdu la joie et le bonheur Quand sont partis pour toujours mes aïeux. Au loin, au delà des hauts murs Se trouve la ville aux voix qui rassurent Cependant, il y a en ce lieu Quelque chose qui me retient Et me fait sentir serein et bien Dans ce jardin qui n'a rien de hideux Le vent frais ici souffle comme ailleurs Et le doux parfum des fleurs Est le même que dans les plus agréables roseraies Ici, d'élégantes statues se recueillent Portant sur leurs épaules figées l'incommensurable deuil D'un regard sans vie qui étrangement me plait Alors, j'oublie les secondes et les heures Il n'y a plus de souffrance, plus de douleur Le règne permanent du repos sacré apaise Mon esprit lunaire et tourmenté Qui parfois me laisse absent et épouvanté Le regard fixé sur une fosse profonde bordée d'un lourd tas de glaise. 21 janvier 2019
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