Poème
Je te donne ces vers...
Je te donne ces vers afin que si mon nom Aborde heureusement aux époques lointaines, Et fait rêver un soir les cervelles humaines, Vaisseau favorisé par un grand aquilon, Ta mémoire, pareille aux fables incertaines, Fatigue le lecteur ainsi qu'un tympanon, Et par un fraternel et mystique chaînon Reste comme pendue à mes rimes hautaines ; Etre maudit à qui, de l'abîme profond Jusqu'au plus haut du ciel, rien, hors moi, ne répond ! - Ô toi qui, comme une ombre à la trace éphémère, Foules d'un pied léger et d'un regard serein Les stupides mortels qui t'ont jugée amère, Statue aux yeux de jais, grand ange au front d'airain !
Commentaires (1)
Quark flou -------- Cet être n’est connu que sous quelques surnoms, Lui qui n’est impliqué dans aucun phénomène ; Un doctorant m’en a parlé l’autre semaine, Nous attendions le bus en buvant un canon. Objet conjectural, d’existence incertaine, Absent des ateliers qu’au labo nous tenons ; De notre beau modèle il n’est pas un chaînon, Il le sera peut-être en une ère lointaine. En vain pour l’isoler je dissèque un proton, C’est un jour de perdu, comme aurait dit Caton ; Mais ça m’est bien égal, moi qui suis éphémère. Nous sommes des rêveurs, des physiciens sereins, La défaite jamais ne nous paraît amère ; Nous suivons en cela le Maître, Edgar Morin.
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