Poème
Je vais m’envoler
par Bernard DIMEY
Ce soir je vais partir visiter les nuages, Je n’y suis pas encore mais ça va pas tarder, Je vois déjà des fleurs tout autour des visages, Tous les gens qui sont là commenc’nt à m’regarder Car si je réussis c’est extraordinaire. Ils ont raison d’attendre, ils seront pas déçus, Je sens que j’m’arrondis comme une Montgolfière, Je vais quitter la terre, personn’ me verra plus ! J’ai commencé c’matin aux petites aurores Avec un muscadet de derrièr’ les fagots Qui glissait comm’ du v’lours, d’ailleurs j’en rêve encore, Et deux trois p’tits kirs qu’étaient bien rigolos, Vers midi je marchais sur des pompes à bascule, C’est là que j’ai compris que j’allais m’envoler. C’est un travail très dur... Si t’avanc’s pas tu r’cules, L’ivresse est un pays où faut pas rigoler ! T’as des gens qui picol’nt sans aucun savoir-faire, Eh bien, voilà des gars qui s’envol’ront jamais, Qui cess’ront pas d’ramper, qui quitt’ront jamais terre Alors que moi je sens que ça va pas tarder, J’vais survoler Paris comme un ange véritable. J’aim’rais pouvoir emm’ner tous mes potes avec moi Mais comm’ils s’fout’ de moi pasque j’mont’ sur la table J’vais m’envoler tout seul et j’les emmèn’rai pas ! Il est huit heur’s du soir, y a douze heur’s que j’travaille, Je me sens tout léger comme un petit zoizeau. Me v’là sur le trottoir avec des gens qui braillent, Je vais prendr’ mon élan... Je serai tell’ment beau Que tous ces connards-là en auront plein la vue. Allez hop ! C’est parti !... Non, c’est pas pour ce soir. Y a vingt ans que j’m’exerce... C’est toujours pein’ perdue. J’essaye encore demain... Après, j’arrête de boire.
Commentaires (4)
Prendre son envol --------- Le roi Minos est grand, mais ce n’est qu’un traître, ILui qui nous enferma déloyalement ; Mais cette lourde porte, en se refermant, De monter vers le ciel nous a laissés maîtres. Je me sens plus léger qu’un oiseau champêtre, Je vais donc m’approcher du clair firmament ; De mon père j’entends l’avertissement, Mais j’en fais peu de cas, je me sens renaître. Sa prudence est trop grande, elle est surannée ; Puisque nous le pouvons, allons jusqu’aux cieux, Car je voudrais bien, moi, tutoyer les dieux. Je m’éloigne de vous, rivages sableux, Déjà par le soleil est ma peau tannée ; Je ne redoute rien sous ce beau ciel bleu.
Prendre son envol ...... retouche --------- Le roi Minos est grand, mais ce n’est qu’un traître, Lui qui nous enferma déloyalement ; Mais cette lourde porte, en se refermant, De monter vers le ciel nous a laissés maîtres. Je me sens plus léger qu’un oiseau champêtre, Je vais donc m’approcher du clair firmament ; De mon père j’entends l’avertissement, Mais j’en fais peu de cas, je me sens renaître. Sa prudence est trop grande, elle est surannée ; Puisque nous le pouvons, allons jusqu’aux cieux, Car je voudrais bien, moi, tutoyer les dieux. Je m’éloigne de vous, rivages sableux, Déjà par le soleil est ma peau tannée ; Je ne redoute rien sous ce beau ciel bleu.
Dragon d'avril -------- -- Monstre printanier, Que fais-tu là, dans mon verre ? -- Je ne suis qu'un rêve.
Métaphysique des particules -------- -- Noyau printanier, D'où te viennent ces couleurs ? -- Je ne suis qu'un rêve.
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