Poème d’un membre
Jeudi de l'ascension
par ATOSMembre
S'échapper du fond et se tenir au bord. Du fond d'un ventre Au bord des lèvres Du fond d'un corps Au bout des doigts. Du fond des nuits Au bord des larmes Dans les poussières du ciel Dans les grains d'une eau sèche Dans la paume moite de la terre Sur la lame froide des rives Là, où le fil bleu me blesse Là, où mon poing se majuscule, en son mouvement, Je bascule Juchée sur rien en équilibre - à contre joue. Remplir ses poches de chemins creux, Sentir la griffe noire d'un soleil rouge plonger dans le puits de mon œil bleu Frapper de mon silence la touche blanche Lécher le sel de ton écuelle. Rester pendue à la corde des jours accrochée aux paroles d'un vent sourd. Dans l'intention, Lâcher la prise, balancer tous les soupirs Prendre un pétale au visage des roses. Ouvrir la grille des paupières Rouler en boule les toits roses Cacher les pompes du soleil Et dénicher le ciel dans tes bras. Le temps que j'en finisse Je tire la ronde et j'enfile une seconde à ton doigt. Je passe la corde autour du jeu. Sur la dalle, l'arbre débite sa chanson . Je fais un trou dans le miel de ton front. Je fais des bulles dans la pâte de mon bras. Mais dans le fond, Je mâche le sabre des saisons. J'enfonce bien la paille dans mon corps et je balance ma poudre d'or. Je fourre du vert sous une cloche et plante le huitième jour dans le ciel. Je saute la ligne, J'avais raison ! J'irai plus en prison. T'avais qu'à faire attention. Je frappe la balle de mon front contre le mur de ma raison un deux trois, malheur Un bille de plomb Un, deux, trois colère j'irai demain dans les bois un deux trois plus peur La mer vient chialer dans mes bras un rayon se réglisse si à vingt je saigne, à cent, je crève. Vent de sable et croix bouillie Face contre terre et crache en l'air Ce qui est dit. Compte les briques un deux trois, couleurs T'as bougé ! Gomme ta face Taille ta mine ! Le bonheur de mes galoches colle à la carie de mon cœur. Casse les brindilles Même pas dans le mille A mon tour de revivre un deux et puis quoi ? Mince... Le vide. Puisqu'on se retrouve à vivre Alors, en s'attendant... Rejouons !
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