Poème d’un membre
J'voudrais encore!
par ATOSMembre
Je n'ai plus de colère dans les veines. Plus de haine, plus de flammes Rien que de d'eau, rien que de l'herbe. Rien ne surgit, rien ne tempête Rien ne se cogne, rien ne s'agite. Je n'ai plus de braises dans les chairs. Plus d'acide, Plus aucun souffre Rien que du vent Rien que de l'huile Rien que mon sang Rien de troublant... Plus rien de vivant. Je n'ai que le ciel dans les yeux. De la pluie plein dans cette rue, Vide de ce bus vert et ridicule. Si tu n'es pas, ça ne compte plus Si tu t'en vas, Je ne joue plus. J'voudrais encore être en colère Entendre battre mes veines J'voudrais serrer les poings J'voudrais à corps et à jamais J'voudrais choisir d'en crever. L'ordre et le calme, moi ça m'effraie. A chaque chose on trouve une place Moi il me manque toujours une case C'est le sommeil qui m'assomme. Ce putain de bus qui n'arrive pas! J'oublie maintenant d'avoir trop froid. J'ai les crocs qui pensent à toi. Le bus passe mais sans toi. Il me roule droit sur le coeur Bénit soit-il! En me toisant sur le bitume, Il vient de me mettre très en colère. Ca frappe, ça cogne, et ça déborde Je suis en guerre et à l'envers. Dégage pauvre passant! C'est elle que j'attends! Si tu n'es pas, ça ne compte plus Si tu t'en vas, Je ne joue plus. Mon souffle a mis le feu au plancher Ton essence est dans mes veines Je brûle pour que tu me vois Je fais... n'importe quoi! Et te voilà au coin d'la rue! Paris avait les galoches dans la flotte, Alors une rame t'as fait du pied, Pas si folle ni trop sotte! La rue ? On lui met la main au cul! Tes yeux ne manquent jamais de ciel! Oublie le bus, Il ne pleut plus. Donne moi ta langue, Puisque le chat n'en veut pas. On ne comptera pas jusqu'à trois.
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