Poème d’un membre
La dalle blanche
par ATOSMembre
Je ne savais pas la dalle si droite, Aussi froide, si aiguë, Aussi plate, étrangement nette. Je n'aurais jamais cru Le ciel à mon poing si lourd, Le jour, à mes heures si court, J'ignorais la mendicité des bruits , L' obscénité des silences, Et les brûlures du choix. Je ne pensais ni l'attente, ni l'absence. Je ne savais rien de ce temps Qui pouvait nous surprendre . Quel nouveau maître, à ce jour Nos heures soleil ont elles choisi ? Vivent elles encore, orphelines de la peur ? Emmuré dans l' impuissance des corps, En apnée au cœur du passé, J'égrène leur nom, Et laisse leur son tomber sur la dalle. Le vent viendra les consoler. Ami, Quel enfer redoutable Que celui que nous ne pouvons imaginer. Je ne savais pas la pluie si aimante, Je n'aurais jamais pensé la désirer pénétrante, Qu'elle, seule, puisse oser me toucher. Je ne pensais pas l'intimité de ces nuits consolantes. Je n'aurai jamais cru supplier l'ignorance. Où sont ces merveilles qui poudraient nos vies ? Ces gestes simples et ces parfums joyeux ? Nous savent ils encore, ...un peu ? Reverront ils nos sages et calmes rivages ? Saurons nous les attendre sur quelque plage? Quel main ôtera le voile de l'aurore ? Mon ami, saurons nous vivre encore ? Je ne savais pas que l'on pouvait espérer l' aube Et maudire sa présence. Que l'urgence de l'autre pouvait tout emporter, Que mes mains pouvaient si souvent trembler. Que le bonheur se réserve les âmes mortes Et qu'il est si terrible d'aimer. J'ignorais, Ami, Nombre de choses Qui auraient pu faire de moi un homme. Je pleure l'ignorance des choses que je vois Dans un visage qui ne me reconnaît pas. Je pleure Ami Je pleure vers toi. Parce que ce matin, Sur ce carrelage blanc d'effroi, Je n'ai à présent Personne d'autre que toi.
Commentaires (3)
la dame blanche ah quel régal !!!
C'est à trembler de beauté.
Bon dépêche-toi j'ai la dalle... Blanche!
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