Poème
La Danseuse
A Henry Regnault Salomé, déjà près d'accomplir son dessein, Sous ses riches paillons et ses robes fleuries Songeait, l'oeil enchanté par les orfèvreries Du riant coutelas vermeil et du bassin. Sa chevelure éparse et tombant sur son sein, La Danseuse au front brun, parmi ses rêveries, Regardait le soleil mettre des pierreries Dans les caprices d'or au fantasque dessin, Mêlant la chrysoprase et son fauve incendie Au saphir, où le ciel azuré s'irradie, Et le sang des rubis aux pleurs du diamant, Comme c'est votre joie, ô fragiles poupées! Car vous avez toujours aimé naïvement Les joujoux flamboyants et les têtes coupées. Janvier 1870.
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Sacrifice -------- Le prophète avait pu deviner le dessein De la reine adultère, à la saison fleurie. Il avait vu quelqu'un frotter l'argenterie, Surtout un grand plateau qu'ornaient de vieux dessins. Il n'attendait aucun secours de l'Esprit-Saint ; Comme un agneau, le soir, s'en va de sa prairie Pour trouver le sommeil en une bergerie, Jean désirait quitter cet univers malsain. Sa chair, par les excès, n'était point alourdie : Du désir, il n'avait point subi l'incendie, Même quand Salomé le voulut pour amant. Quand survint le bourreau avec sa grande épée, Il caressa l'acier en disant simplement : « Lame, dans un instant, tu seras mieux trempée. »
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