Poème
La Famille du menuisier
par François COPPÉE
Le marchand de cercueils vient de trousser ses manches Et rabote en sifflant, les pieds dans les copeaux. L’année est bonne ; il n’a pas le moindre repos Et même il ne boit plus son gain tous les dimanches. Tout en jouant parmi les longues bières blanches, Ses enfants, deux blondins tout roses et dispos, Quand passe un corbillard, lui tirent leurs chapeaux Et bénissent la mort qui fait vendre des planches. La mère, supputant de combien s’accroîtra Son épargne, s’il vient un nouveau choléra, Tricote, en souriant, au seuil de la boutique ; Et ce groupe joyeux, dans l’or d’un soir d’été, Offre un tableau de paix naïve et domestique, De bien-être honorable et de bonne santé.
Commentaires (3)
Pauvre chevalier des alpages ------------------------------------- Son manteau pour l’hiver a de trop courtes manches ; Il nourrit son cheval avec de fins copeaux. Le pauvre chevalier n’a jamais de repos, Elle n’est pas pour lui, la trêve du dimanche. Il ne peut en été boire une bière blanche, Après une bataille, il n’est jamais dispos ; Que n’est-il un évêque à l’imposant chapeau, Ou même, un éleveur dans son chalet de planches ! Un noir démon lui dit que son mal s’accroîtra Quand il aura perdu la force de ses bras ; Que n’est-il un bourgeois au fond de sa boutique ! Mais il est chevalier, l’hiver comme l’été, Sans aucun serviteur, valet ni domestique, Il conclut cependant : «Tant qu’on a la santé» !
Voir https://paysdepoesie.wordpress.com/2018/03/03/pauvre-chevalier-des-alpages/
Nulll pété au sol
Connectez-vous pour laisser un commentaire.