Poème d’un membre
La glaneuse
par ATOSMembre
Qui peut dire où voyagent les poètes? A bord de quel vaisseau atteignent ils la grande prairie du rêve ? Qui peut dire ce qu'ils entendent, ce qu'ils voient, qui peut imaginer la couleur des sons, la lumière des signes, et le parfum des voix ? De nature follement vagabonde à la recherche du peuple invisible, invisible à l’œil muet de celui qui recouvre son esprit de trop riches majuscules, peuple minuscule et bienveillant, que l'on devine parmi les herbes si hautes sous la lune des printemps, que l'on entend ourler dans le vent et qui emporte à la fenêtre la traîne légère du temps. Poète de la grange, de la corde, de la braise, de l'écorce et du thé, poète du tintement de la cloche, de la coiffe d'un visage flamand, poète bergère d'un peuple qui picore chaque instant pour enfouir dans le ventre de son chant toutes les paroles d'une farandole que légende le sourire d'une enfant. D'une nature particulière, de la nature d'une enfance qui marche Tête nue, cailloux en poche, et qui vous parle de cette joie qui lui vient d'être vivant. À P.S, glaneuse de rêves.
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