Poème
La jeune fille un peu souffrante...
par Francis JAMMES
De l'Angélus de l'aube à l'Angélus du soir
La jeune fille un peu souffrante me sourit et me dit : vous croyez ? Elle est en innocence et porte une petite bague d’argent tressé. Je vois tout près de moi ce petit corps si faible et je me penche en souriant vers cette enfant et lui dis : mademoiselle, qu’est devenue la supérieure du couvent ? Elle me répond : elle a été nommée ailleurs, — ou autre chose. — Et en disant cela elle a l’air d’une rose pas encore en fleur. — Oh ! vous... dit-elle — et n’achève pas sa phrase commencée qui est finie. Et je lui dis tout bas : est-ce que vous souffrez ? — Un peu moins ; cette nuit un peu des bras. — C’est égal !... Vous êtes bien mieux. Et un rayon qui rit glisse de ses yeux à travers ses cils et très bas. Elle a l’air d’une jolie petite poupée, — d’une poupée d’enfant riche. Elle est mince et pourtant sous son châle s’arrondit son épaule timide.
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Dans le passé ------------------ La fille du roi au tambour sourit, Vite il donne sa rose ; Ils vont promener dans le matin gris, Quand le roi se repose. On entend sonner un doux carillon Qui chante d'un ton grêle, Chantant pour la rose et le papillon, Dessus les herbes frêles. Ils suivent la route allant vers ailleurs, Vers de beaux paysages ; Le joli tambour n'est plus batailleur, Le voilà presque sage. Ils vont leur chemin, ne s'arrêtant pas Aux obscures gargotes ; Pour eux les oiseaux ont chanté, tout bas, De très charmantes notes. Ils marchent longtemps par le grand chemin, Sous un ciel fatidique ; La princesse tient la rose en sa main, Qui jamais ne la pique.
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