Poème
La Maison paternelle
Inoubliable est la demeure Qui vit fleurir nos premiers jours ! Maison des mères ! C’est toujours La plus aimée et la meilleure. Ici c’est le papier fleuri Dont, les jours de fièvre moroses, Nous comptions les guirlandes roses D’un long regard endolori. Là, vers Noël, à la nuit proche Nous déposions nos souliers... Combien de détails familiers S’éveillent au bruit d’une cloche ! C’est que la plus jeune sœur Apprit à marcher en décembre ; Le moindre coin de chaque chambre A des souvenirs de douceur. Rien n’a changé ; les glaces seules Sont tristes d’avoir recueilli Le visage un peu plus vieilli Des mélancoliques aïeules. Tout est pareillement rangé Et, dans la lumière amortie, S’éternise la sympathie Du logis qu’on n’a pas changé : Fauteuils des anciennes années Où l’on nous couchait endormis, Fauteuils démodés, vieux amis, Avec leurs étoffes fanées, Meubles familiarisés Par une immuable attitude, Mettant des charmes d’habitude Dans les salons tranquillisés. Jardin en fleur, vigne, tonnelle, Empreinte vague de nos pieds Sur les tapis et les sentiers, O sainte maison paternelle Qui donc pourrait vous oublier, Logis où dort notre âme en cendre, Surtout quand on a vu descendre Des cercueils chers dans l’escalier !...
Commentaires (5)
BEAU POEME
Un ami vient de me communiquer votre site de poemes , je l'adore , je me demande pourquoi je ne l'avais pas su depius tout ce temps ? Tous mes remerciements.
Cinquante ans après , j'ai retrouvé ce poème. Il me rappelle mon enfance. Quand j'étais petit, à l'école notre maître nous lisait ce poème et je m'imaginais grand, mes parents morts , alors je commençais à pleurer.
Pas à proprement un commentaire mais une question. Ce poème, très beau, parle de la maison paternelle de Georges Rodenbach. Mais tout le monde n'est pas d'accord. Est-ce qu'il s'agit de la maison de Bruges, de Tournai ou de Gand ? Merci de me répondre.
Le plus Beau Poème de Georges R.
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