Poème
La prière d'un païen
Ah ! ne ralentis pas tes flammes ; Réchauffe mon coeur engourdi, Volupté, torture des âmes ! Diva ! supplicem exaudi ! Déesse dans l'air répandue, Flamme dans notre souterrain ! Exauce une âme morfondue, Qui te consacre un chant d'airain. Volupté, sois toujours ma reine ! Prends le masque d'une sirène Faite de chair et de velours, Ou verse-moi tes sommeils lourds Dans le vin informe et mystique, Volupté, fantôme élastique !
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L’oiseau de septembre ---------------------------- Voici le bel oiseau de flammes Dont le coeur n’est pas engourdi ; La lumière envahit son âme, Il entrevoit le paradis. Il sait rimer des épigrammes Et des sonnets, on me l’a dit ; Il l’a fait pour deux ou trois dames, Ce beau travail fut applaudi. Il voudrait rencontrer la reine, Entendre sa voix de sirène, Toucher sa robe de velours ; Mais cette reine, un peu mystique, A dit, devant ses domestiques : « Ce bel oiseau n’est qu’un balourd. »
Porc-Valet en prière ----- Ce cochon ne craint pas les flammes Du noir inframonde maudit ; La prière affermit son âme, Sa cellule est un paradis. Il accomplit un saint programme Du lundi jusqu’au samedi ; Dimanche sur un lac il rame Et son corps se désengourdit. Une baronne est sa marraine, Une aristocrate sereine ; J’entends sa voix, c’est du velours. Il réside en un lieu mystique Auprès d’un plan d’eau fantastique ; Sous sa fenêtre, un fleuve court.
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