Poème
La Renaissance
Ameine avecques toy la Cyprienne sainte... Ronsard, Églogue II. On a dit qu’une vierge à la parure d’or Sur l’épaule des flots vint de Cypre à Cythère, Et que ses pieds polis, en caressant la terre, À chacun de ses pas laissèrent un trésor. L’oiseau vermeil, qui chante en prenant son essor, Emplit d’enchantements la forêt solitaire, Et les ruisseaux glacés où l’on se désaltère, Sentirent dans leurs flots plus de fraîcheur encor. La fleur s’ouvrit plus pure aux baisers de la brise, Et sous les myrtes verts, la vierge plus éprise Releva dans ses bras son amant à genoux. De même quand plus tard, autre Anadyomène, La Renaissance vint, et rayonna sur nous, Toute chose fleurit au fond de l’âme humaine. Juin 1842.
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Recueil de vers ----------------- Si je t'ouvre au hasard, livre à la tranche d'or, Tu offres à mes yeux des récits millénaires, Avec des ducs, des rois, des monstres sanguinaires Et des aventuriers en quête d'un trésor. Puis ma plume, à son tour, veut prendre son essor : Faire parler en vers le chêne centenaire ; Et chanter le ruisseau dont l'eau nous désaltère ; Et rêver l'océan qui, plus que l'homme, est fort. Vers l'heure de midi, la bienfaisante brise A rafraîchi la plage, et la sirène éprise Voit sur la rive un troll qui danse comme un fou. Quand je vais évoquant le troll et la sirène, Poètes du passé, j'écris aussi pour vous, Bardes qui nous contez la condition humaine.
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