Poème
Langage cuit - I
par Robert DESNOS
Ce vieillard encore violet ou orangé ou rose porte un pantalon en trompe d’éléphant. Mon amour jette-moi ce regard chaud où se lisent de blancs desseins ! Portrait au rallongé de nos âmes Parlerons-nous à cœur fermé et ce cœur sur le pied ? Où jouerons-nous toute la nuit à la main froide ?
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Accoutrement --------------- De deux vieux sacs de blé, je tisse un pantalon Puis, deux gerbes de foin en guise de chaussettes. Les souliers seront faits en plumes d'avocette Les lacets en chiendent, bien verts et pas trop longs. Chemise ni manteau, et non plus de chapeau : Mais une longue écharpe en feuilles de mélèze (Car c'est ce matériau qui me met plus à l'aise) ; Vers le Quartier Latin je m'en vais boire un pot. Le tavernier m'a dit que ma tenue d'avril Pour affronter la pluie était un peu légère ; Mais c'est dans ma nature, il faut que j'exagère ; J'attends le mois de mai pour me couvrir d'un fil.
Chaque avril de mon thermostat j'enlève les piles mais chaque mai je les remets
Voir aussi https://paysdepoesie.wordpress.com/2014/04/25/accoutrement/
Prendre un pot ------------------ Dans un recoin du Finistère Se trouve un modeste troquet ; Je n’y bois pas de Tariquet, Mais plutôt du rouge ordinaire. C’est un village sans mystères, Bien pauvre, mais assez coquet ; Il sont pour chiens de vieux roquets Que j’entends rarement se taire. Dans la rue passent des grands-mères Dont la vie ne fut point amère ; Un prêtre admire leurs chapeaux. Elles boivent après la messe ; Le tavernier fit la promesse De souvent leur offrir un pot.
Retouche (septième vers) « Ils ont »...
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