Poème
Le Bain d'une dame romaine
par Alfred de VIGNY
Une Esclave d'Egypte, au teint luisant et noir, Lui présente, à genoux, l'acier pur du miroir ; Pour nouer ses cheveux, une Vierge de Grèce Dans le compas d'Isis unit leur double tresse ; Sa tunique est livrée aux Femmes de Milet, Et ses pieds sont lavés dans un vase de lait. Dans l'ovale d'un marbre aux veines purpurines L'eau rose la reçoit ; puis les Filles latines, Sur ses bras indolents versant de doux parfums, Voilent d'un jour trop vif les rayons importuns, Et sous les plis épais de la pourpre onctueuse La lumière descend molle et voluptueuse : Quelques-unes, brisant des couronnes de fleurs, D'une hâtive main dispersent leurs couleurs, Et, les jetant en pluie aux eaux de la fontaine, De débris embaumés couvrent leur souveraine, Qui, de ses doigts distraits touchant la lyre d'or, Pense au jeune Consul, et, rêveuse, s'endort. Le 20 mai 1817.
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Temple obscur --------------- À la vestale, un corbeau noir Apporte un fragment de miroir, Pris à l'hétaïre de Grèce Qu'on nomme aussi l'enchanteresse. Le temple aux magiques parfums Ne le tient pas pour importun : Si la prêtresse est vertueuse, Tolérons-la voluptueuse. Un miroir, une lyre d'or : Vestale, avec ces deux trésors, Tu vaux autant qu'une sirène Et bien plus qu'une souveraine.
Voir https://paysdepoesie.wordpress.com/2015/01/14/temple-obscur/
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