Poème d’un membre
Le dessin d’un oiseau qu’on ne peut pas dessiner...
par JacquesAADLOV-DEVERSMembre
A Jacques Prévert – « Pour faire le portrait d’un oiseau » « Pour faire le portrait d’un oiseau Peindre d’abord une cage ?... » Tu m’aurais dit : « Dessine-moi l’Oiseau !... » Ça aurait été plus simple sans le cageot…Car voilà, - Je dois d’abord faire le Ciel, Les nuages (ne peuvent pas rentrer dans une cage !) Les Étoiles, les rayons du Soleil…avec lesquels l’Oiseau parle Chaque matin, au réveil ! - Je dois ensuite faire La Terre, La Mer Pour que ses yeux puissent voire (dans leur vol, de travers) Des montagnes, des plaines, quelques fleurs arrondies Pour donner à ses ailles cette unique envie De planer chaque jour par-dessus la Planète (Encore, et encore, dans un cercle sans fin…) « Dessine cette Oiseau – plus vite, vas-y ! » - Mais je dois d’abord dessiner quelques bruits… Que les feuilles des arbres font lorsqu’elle passe Invisible – dans cette peinture Et Il ne reste plus beaucoup de place ! Pour peindre maintenant ses ailles… Elles sont déjà dans le vent qui se lève, s’envole… (Le vent, c'est le vent qui se forme en elles…) « Il est où cet Oiseau ? Son portrait l’as-tu fait ? » - Non encore, je dois d’abord dessiner Le vol ! Ce vol au-dessus du dessin Que la plume n’arrive à attraper dans sa main Que toutes les cages (même le plus dorés) Même cachées dans l’arbre, ne sauront attraper ! Tu dirais : « mauvais signe » qu’il est mauvais ce tableau Car il lui manque l’essentiel, il n’a pas d’Oiseau !!! (Et aussi, pas de plume pour pouvoir signer… Dans un coin du tableau…mon nom passager ?) Pourtant, Mon Oiseau, tu l’a vu, à l’instant ! Tu étais dans son œil, dans son cœur même, volant… Au-dessus de ce Monde, à peine esquissé Merveilleux, seul Oiseau, qu’on ne peut pas dessiner…
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