Poème d’un membre
Le téléphone
par marisolleMembre
Le téléphone se pratique à deux à chaque bout d'un fil imaginaire. Mais lorsque l'absence ou la volonté de refuser de parler vous oblige à vous adresser à un répondeur inhumain qui vous dit à la fin appuyez sur dièse, vous vous dites vraiment que votre histoire est bien mal barrée. Il est des téméraires qui, au son du répondeur, parlent tout de même et délivrent leur coeur. Il est vrai, que, croyant l'autre réceptif un peu plus tard, on peut essayer, bien sûr, d'y mettre de la chaleur, du sentiment, parfois de la colère, mais la frustration ne s'en va pas ainsi. L'a-t-il bien eu ? ce message si précieux, l'a-t-il bien entendue, ma voix aux accents si chaleureux. Alors, vous vous dites il va rappeler mais la journée passe la nuit de même et toujours pas d'appel. Alors, vous arrachez ce maudit téléphone de son support et lorsque votre impatience vous permet tout de même d'entendre la voix aimée (ou détestée) vous commencez à crier, à vous défouler car depuis le temps que vous attendez une réponse, un mot, une phrase, explicite, au mieux, amicale, cela va sans dire, mais dédaigneuse, alors là, vos plombs sautent comme si cent mille volts vous avait soudain électrifié ! Alors l'ouragan se déchaîne, mille tonnerres grondent et vous n'entendez plus la voix mécanique du répondeur qui vous dit : votre appel est terminé ! Ah, que de rage de frustration de fureur un pauvre téléphone -qui n'en peut mais- provoque dans notre coeur.
Connectez-vous pour laisser un commentaire.