Poème d’un membre
Les ghettos du bout de la nuit
par dutaillyphilippeMembre
Dans les ghettos du bout de la nuit Tant de misères et tant d'ennuis S’atténuent A force de canettes. Dans un coin, un vieil alcoolique Parle d'un tunnel psychédélique Très ténu Qui mène à sa planète. C'est l'heure où le soir descend sur la noirceur des villes, Celle des exclus qu'on écarte des dévotions civiles Où les larmes accompagnent les désespérances Où l'amour et le sida se font la révérence. Dans ce monde sévit violence La tempête avant le silence Qui s'abat Quand il y a trop d'alcool. Une fille pleure sur sa déchéance Dans neuf mois naîtra l’échéance Qu'elle combat En sniffant de la colle. C'est l'heure où le soir descend sur les incertitudes Celle où la fraternité boude les solitudes Où les élans charitables ressemblent à la pitié Où la bouée de sauvetage s'appelle l’amitié. Dans les ghettos du bout de l'enfer Où la drogue n'est plus qu'un transfert De la vie Vers des mondes illusoires. Dans un coin, la fille en déveine Parle de se tailler les veines Car sa vie Lui parait dérisoire. C'est l'heure de la délinquance et des larcins nocturnes C'est l'heure du lâcher, en meute, des flics taciturnes C'est l'heure où les travelos maquillent leurs paupières C'est l'heure des “siliconées” et leurs gros seins de pierre. C'est l'heure des libertinages et des tendres fredaines C'est l'heure des vaudous technos et des orgies mondaines C'est l'heure des plaisirs coquins des citoyens de France C'est l'heure de Paris-la-joie et Paris-la-souffrance.... 08/01/1996
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